Retraites : A lire  aussi dans Séniors Réunion édition papier n° 6 – juin 2018 

 

«Maintenir un niveau de vie décent.»

Pour beaucoup, la future retraite est aujourd’hui sujette à maintes interrogations. Et pas seulement sur le plan des décisions politiques qui la concernent. Quatre questions à Thierry Pierrat, Directeur régional Océan indien d’AG2R La Mondiale.

 

M Pierrat, le monde de la retraite bouge beaucoup, quel est votre regard sur les évolutions de ces dernières années?

 

Thierry Pierrat, Directeur régional Océan indien d’AG2R La Mondiale 

«Il y a une vingtaine d’années, lorsque l’on parlait de retraite, il fallait sensibiliser les gens à la retraite avec la perte de revenus liés à ce passage ou au fait que l’on ne croyait pas à la perte de droits. Aujourd’hui, si chacun sait que l’âge a reculé, il n’y a pas que cela alors que de nouveaux besoins sont apparus lorsque l’on part à la retraite. Chacun sait aussi que son pouvoir d’achat va fortement diminuer. D’où un besoin de revenus complémentaires pour atteindre 70 à 75 % de son dernier revenu. 20 années de réformes des retraites ont finalement fait baisser le niveau des pensions qui, selon les cas, sont de l’ordre de 60  % (avec une rémunération au dessus du plafond de la Sécurité Sociale, c’est à dire 40 000 euros) jusqu’à 35 %, si on dépasse le dit plafond.

 

Sans parler des différentes options politiques choisies, qu’est ce qui a fondamentalement changé ?

– «Aujourd’hui, la retraite ce n’est plus seulement une question d’âge. On peut partir à la retraite entre 62 et 67 ans, ou parfois à 60 ans sous certaines conditions. Sauf que ce qui compte, c’est de pouvoir partir à taux plein. Et c’est là qu’intervient désormais le nombre de trimestres. L’élément fondamentale de la compréhension de la retraite en France :

On a gardé l’âge certes mais le moment où l’on peut partir avec un taux plein c’est autre chose. La première génération qui devra avoir 172 trimestres ( 43 années d’activités) , c’est celle de 1972. Qui donc aura 172 trimestres à 62 ans pour avoir une retraite à taux plein : environ 15 %  des personnes concernées en 2025

Sans le dire, on a finalement allongé l’âge des départs à la retraite qui permette de maintenir un niveau de vie décent. C’est toute la subtilité. Gagner autant en travaillant plus, et le toucher moins longtemps.»

 

Des alternatives ?

– «La réforme Hollande  a permis d’aller récupérer, d’aller chercher des trimestres supplémentaires à travers plus de facilités. C’est ce que l’on appelle l’optimisation des régimes obligatoires avec les carrières longues notamment. Il existe tout un panel de leviers,  comme les années d’études supérieures, les rachats de points, la validation des premières années exonérées, les années d’apprentissage, les aides familiaux…»

 

Quels sont les compléments que les futurs retraités peuvent ou doivent aller chercher ?

– «Les revenus de substitution peuvent être classés en trois grands axes : l’immobilier, les placements avec des portes feuilles de valeurs mobilières et les actions ou encore les produits de retraite, que ce soit dans l’entreprise ou à titre privé.

Dans l’entreprise il existe depuis 30 ans des solutions d’épargne salariale, des plus classiques au plus sophistiquées. L’idée générale c’est que dans l’entreprise, plus je place à long terme, plus il a y a d’avantage sociaux et fiscaux pour elle et son salarié. Exemple, ans l’article 83 du Code général des impôts l’entreprise peut bénéficier d’exonérations sur ses investissements et le salarié d’exonération sociale et fiscale sur sa participation afin de bénéficier de revenus complémentaires au moment du départ à la retraite, et uniquement à ce moment- là…

Il a  des solutions plus individuelles d’assurance vie, le Perp (Plan épargne retraite populaire) ou contrats Madelin. Quand vous faites votre déclaration de revenus, les impôts vous indiquent les montants que vous pouvez déduire et placer pour les récupérer à l’âge de la retraite, soit sous forme de rente et 20 %, en capital.

Aujourd’hui, il faut savoir qu’il y a trois piliers pour la retraite avec le régime par répartition (régimes alignées à la Sécurité Sociale et régimes complémentaires), les régimes sur complémentaires des entreprises et l’épargne individuelle. A la Réunion, Les régimes de répartitions représentent près de 85 % contre seulement 10 % pour ceux des entreprises et 5 % pour l’épargne individuelle.»