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Il n’y a pas de limites d’âge pour participer au Grand Raid. Notez que les doyens de cette nouvelle édition ont plus de 70 ans. Pour Michel Manzari (Photographie,  Patrick Lauret), 55 ans, un sourire enjôleur, le trail est à la portée de tous à condition d’être régulier aux entraînements.

« Je suis un guide d’entraînement et je cours entre 1 heure 30 et 2 heures par jour. Cela n’est pas énorme mais au final, sur une semaine, j’atteins entre 12 et 13 heures. ».

Pour Aurélien Collet, 3ème de l’édition 2014, à quelques heures d’un certain François D’Haene, la pugnacité est la clé  de tout dans ce sport, où le psychique prend une part prépondérante. « Pour réussir, il faut être régulier et assidu ».  Il sait de quoi il parle, ayant fini 2ème dans la Transgrancanaria en 2018, l’équivalent du Grand Raid sur le continent européen. Les meilleurs femmes d’ailleurs terminent régulièrement dans le top 10 des courses aux côtés des hommes. Pour ces sportifs,  la compétition est sûrement, la meilleure préparation. Michel Manzari, qui arbore un physique d’athlète professionnel en a déjà enchaîné plus de 5 cette année et pas des moindres. L’infernal Trail des Vosges, un incroyable parcours de plus 200 kilomètres en fait partie. L’occasion de faire un voyage en famille et de poser ses valises dans un bel endroit du globe pour mêler l’utile à l’agréable. Facile, il faut le reconnaître, quand on sait que son épouse,  sportive, elle aussi, s’entraîne avec lui. Il n’y a pas à dire, le commerçant de la ville du  Guillaume, est un passionné. Il a participé à son premier Grand Raid en 2010 et ne compte pas s’arrêter là. Il a foulé aussi les sentiers du fameux Ultra-Trail du Mont Blanc, qu’il a bien sûr marqué de son empreinte. « J’ai terminé la Diagonale des fous en 2016 en 57 heures 18 minutes. A titre de comparaison, pour une distance équivalente et le même dénivelé, j’ai terminé l’UTMB en 42 heures ».

 

C’est peut-être là, l’autre avantage du Trail, des courses uniques, au long cours, qui s’apparentent plus par la longueur de leur parcours à de fantastiques aventures humaines. Elles correspondent à l’ère du temps en proposant un sport exigeant mais que l’on peut faire à son rythme. Pour Fabrice Cifré, coureur lui aussi, à la tête du projet Ultra BD, une bande dessinée sur ce sport et sur l’Ile de la Réunion, qu’il affectionne particulièrement, c’est l’une des grandes forces de ce type épreuve. Dans la Diagonale des Fous qui sortira en avril 2019, il suit l’épopée de quatre traileurs de niveaux différents.  Cet aspect ludique de l’Ultra-Trail n’est pas à négliger. C’est la marque de fabrique d’Aurélien Collet. Je fuis les séances de qualitatif type fractionné. J’enfile les baskets, si les jambes sont là j’accélère sinon c’est une ballade ! Pour Michel Manzari, le temps a son importante, mais le fait de finir compte plus que tout.

Sortie prévue en avril 2019

 

Faire du Trail à 55 ans ?

Aurélien Collet, jeune compétiteur dans la force de l’âge et star mondiale, s’interroge sur sa capacité à tenir dans la durée. Pour lui pas de doutes, deux  paramètres entrent en ligne  de compte, d’une part la santé physique. Ne pas avoir d’ennuis qui empêchent la pratique du trail et de deux, l’envie, la fraîcheur mentale qui permet d’affronter les difficultés de certains moments. Dans le trail, les blessures sont fréquentes. Sentiers escarpés, risque de chutes, descentes abruptes, les sollicitations sont nombreuses pour le corps, surtout si l’on débute. Si un bilan médical est indispensable  il ne faut pas brûler les étapes et commencer progressivement, comme le souligne Aurélien.

Retrouvez l’interview d’Aurélien Collet dans notre magazine disponible en kiosque.

 

Gérer les pépins physiques.

Pour Michel Manzari, la question ne se pose pas vraiment. Les bobos? J’ai la chance de ne pas avoir eu de gros pépins. Est-ce pour cette raison que ses amis, un brin chambreurs, appellent ce Finisher, au physique de déménageur et de troisième ligne « la légende » ?  Une chose est sûre, comme des milliers de participants, Michel Manzari écrira la sienne, tout au long des 170 kilomètres qui l’attendent, encouragé par une foule de connaisseurs. Même si on a du mal à le croire, il nous prévient :  Je gère moi-même mes courses.  Je n’ai pas d’assistance sur le Grand-Raid. La légende a parlé, nulle doute qu’un carry maison, l’attendra quelque part entre Cilaos et Mafate, aussi bien que le soutien familial.

Rendez-vous est pris le 18 octobre 2018 au départ de Saint-Pierre pour cette course qui rassemble.

 

ERIC LACROIX, 52 ans, fait des bulles avec des bosses

 

 

Pour ceux qui suivent la Diagonale des Fous tous les ans sur Canal Grand Raid, le nom et le visage d’Eric Lacroix ne vous sont pas inconnus. L’entraîneur fédéral, âgé de 52 ans est consultant sportif pour le Groupe Canal+ et nous fait part tous les ans de ses impressions au cœur de l’évènement. Si selon lui, cette année le plateau sera particulièrement relevé avec la présence attendue de François D’Haene chez les hommes et d’Andrea Huser, chez les femmes, le récent vainqueur du championnat de France de course de montagne Master 2 (+ de 50 ans), a fait des émules hors des stades et loin des sentiers. L’entraîneur fédéral a d’ailleurs prêté son savoir et son expérience, trente – six ans maintenant qu’il court, à un ouvrage d’entraînement mêlant dessins, humours et conseils pratiques en collaboration avec Matthieu Forichon. Une façon de s’illustrer au propre comme au figuré.

Les membres des Bosses et des Bulles, qui ont contribué à cette BD, ont pris le parti de commenter l’actualité du monde de l’ultra-trail avec humour et en dessin… des illustrations dignes des plus grands noms de la bande dessinée. Un site, pionnier en son genre à découvrir, pour apprécier les lignes de crêtes, les beaux paysages et  les jolis coups de crayon.

 

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