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Quand le jardinage favorise le bien vieillir…

« Pour certains, ressentir des choses agréables est chose rare. Dans le jardin, on goûte à la chaleur des rayons du soleil, on écoute le bruit apaisant de l’eau de la fontaine ou le chant des oiseaux, on touche les pétales d’une fleur, on hume l’odeur des végétaux, on admire la beauté d’une fleur ».

Bref, on se sent pleinement en vie.

Du vert, du vert, du vert… L’engouement des Réunionnais pour les jardins ne se dément pas, nous rêvons aujourd’hui d’un coin de verdure où cultiver notre bien-être autant que notre engagement en faveur du développement durable. Un jardin qui nourrirait notre corps autant que notre esprit. Le jardinage peut favoriser un style de vie actif et contribuer au bien vieillir.

« Ça maintient en éveil intellectuellement », constate de son côté́ Anne Chahine, 70 ans dont quarante ans de jardinage, et qui préside l’association Jardins et santé. « On n’a jamais fini d’apprendre comment les plantes et les insectes interagissent. On remplace les espèces, on taille autrement un buisson. Un jardin est toujours en mouvement. » L’aménager stimule effectivement les fonctions cognitives. Il faut savoir se repérer dans le temps et dans l’espace, mémoriser les noms des végétaux…

 

 

Ecole de patience et de frustration, jardiner permet également de renforcer son tissu relationnel et la confiance en soi, car les amateurs s’échangent des conseils et reçoivent des compliments. Et puis, cultiver ses propres fruits et légumes garantit des produits « frais et sans pesticides » ! De quoi faire le plein de nutriments.

Et si vous faisiez un potager ? C’est la garantie d’avoir sous la main des produits frais qui n’en sont que meilleurs quand on les a vus pousser ! C’est aussi une manière agréable de s’oxygéner, de faire de l’exercice quand il faut bêcher, tailler, semer … Vous ne disposez que d’un balcon ou d’un rebord de fenêtre ? Pensez tomates cerises, persil, menthe, estragon ou basilic. Et puis jardiner, c’est aussi stimuler son cerveau : se documenter, anticiper le rythme des saisons, apprendre de nouveaux gestes…

Néanmoins, cette capacité des personnes très âgées à lutter contre “ce” qui fait vieillir n’est pas sans limite. Nous observons le basculement de certains dans la vieillesse. Les causes de ce basculement étaient diverses en fonction des individus. Chez M. Aimé (95 ans), il semble que ce basculement ait eu lieu lorsque celui-ci a dû se résoudre à « abandonner son jardin ». L’identité sociale revendiquée par M. Aimé était toute entière tournée vers le travail. Il insistait sur le fait qu’il avait commencé à travailler très jeune, ne comptant ni ses heures ni sa peine. Avec l’avancée en âge, le jardinage était ce par quoi il avait lutté contre le vieillissement. Les fruits et légumes, produits de son travail, qu’il distribuait à son entourage lui permettaient de repousser la vieillesse. Lorsque M. Aimé n’a plus eu la faculté physique de faire son jardin, il a été accompagné par une association de services à la personne qui l’a aidé à maintenir son activité de jardinage tout en le soulageant des tâches les plus physiques. Depuis M. Aimé aime à dire « Le jardinage est ma bulle d’air et je l’ai conservé grâce à un accompagnement personnalisé et à l’écoute de mes besoins ».

Bref, usez et abusez du jardinage, il est bon pour votre corps, votre cerveau, vos relations aux autres. Il vous permettra de garder ce contact à la terre tout en favorisant un bien vieillir de qualité.

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