Posted on

L’arthrose est une maladie du vieillissement.

Les seniors en sont conscients. Les statistiques (en métropole) font état de 3% de la population de moins de 45 ans qui est touchée par l’arthrose, 65% après 65 ans et 80% au-delà de 80 ans.

Mais peut-on agir et anticiper pour minimiser les effets de cette pathologie rhumatismale fréquente ?

SENIORS d’aujourd’hui a donné la parole au  Docteur Jean-Paul CURTAY, créateur de la première consultation de nutrithérapie en France , Président de la Société de médecine nutritionnelle, qui  était en visite dans l’île, il y a quelques semaines,  pour des conférences à l’attention du  grand public et des  professionnels de santé sur  « La nutrithérapie » et un « Programme longue vie ».

Dans un des récents numéros de SANTE & NUTRITION, il a écrit un dossier intitulé «  ARTHROSE : arrêtez de souffrir inutilement » par lequel il expose  « qu’avec un minimum d’entretien, et sans les user de manière inconsidérée, nos articulations peuvent vieillir sans s’altérer ».

Nous publions ci-dessous la partie relative aux « facteurs sur lesquels on peut agir » selon le Dr Curtay.

LE SURPOIDS : la bête noire des articulations.

« Lorsque l’on marche, on soulève une jambe. À ce moment -là, les articulations de l’autre jambe, la hanche et le genou, doivent supporter une charge élevée correspondant à de 3 à 7 fois le poids du corps !

Il est évident qu’une surcharge pondérale va créer avec l’âge un stress mécanique plus intense sur ces articulations.

Le risque de gonarthrose (arthrose du genou) est 4 fois plus important chez les femmes obèses et 5 fois plus important chez les hommes obèses que chez les personnes de même sexe mais de poids normal. (…)

Le surpoids peut être efficacement et durablement combattu par :

  • Une réduction des graisses saturées (beurre, fromage, charcuteries, produits contenant de l’huile de palme, etc.) et trans (margarines, produits industriels…) au profit des graisses mono-insaturées (huile d’olive, avocat, amandes…) et oméga-3 (huile de colza, végétaux, petits poissons gras…)
  • L’évitement des perturbateurs endocriniens (emballages plastiques pour les produits gras, aliments et cosmétiques non bio…)
  • Une réduction de la consommation des sucres rapides au profit des glucides lents : légumineuses (2016 est l’année mondiale des légumineuses) mais aussi céréales complète et semi-complètes, patates douces, courges, châtaignes…)
  • Une réduction de la consommation des viandes, pro-inflammatoires au profit des végétaux, anti-inflammatoires
  • Une activité physique injectée dans le quotidien (…)
  • Des outils de gestion du stress et de tension pulsionnelle élevée pour éviter de faire de la « prédation déplacée » sur la nourriture (…)
  • Une optimisation du sommeil (…)
  • Un certain de nombre de compléments anti-inflammatoires et réducteurs du stress et de la tension pulsionnelle élevée : magnésium, vitamines B, polyphénols, oméga-3, probiotiques…

TRAUMATISMES : La fatalité qui peut être évitée !

“Suite à des fractures ou des chutes, des articulations s’enflamment et le processus arthrosique peut s’intensifier fortement”.

Vous me direz que là, on n’y peut rien…Ce n’est pas tout à fait exact. Il y a évidemment des accidents sur lesquels on ne pouvait rien faire, mais des études ont démontré qu’une majorité d’accidents, de chutes, de fractures pouvaient être prévenues.

Comment prévenir la majorité des accidents ?

  • En optimisant son sommeil
  • En cultivant ses capacités d’attention et de concentration : évitement des excès d’alcool, du cannabis, des médicaments sédatifs comme les anxiolytiques et les hypnotiques, la méditation, la prise de compléments alimentaires les augmentant comme la tyrosine (MC 2)
  • En calmant son impulsivité et en réduisant les prises de risque excessives (le même terrain qui mène à la dépendance au sucre, à l’alcool, au tabac – revoir Pour l’abolition de l’esclavage au sucre)
  • En pratiquant des exercices d’équilibre, ce qui est de plus en plus important avec l’âge…

“Par ailleurs, lorsque la fracture ou le traumatisme sont là, un protocole adapté de compléments antiinflammatoires comme le curcuma et les autres polyphénols et de reconstructeurs du cartilage : silicium, chondroïtine sulfate… peut empêcher l’accélération post-traumatique du processus arthrosique.”

LES MICRO-TRAUMATISMES : la cause la plus sournoise.

“Les ouvriers manipulant des marteaux-piqueurs développent presque systématiquement une arthrose du coude, les manutentionnaires, une arthrose du genou, les parachutistes, de la colonne vertébrale…”

(…) Les petits chocs répétés sur des articulations ont des effets inflammatoires à ne pas sous-estimer.

La prévention repose avant tout sur l’ergonomie, la technologie de l’optimisation des postures au travail et de fait toute activité, destinée à réduire stress, accidents et conséquences pathologiques, qui s’est récemment développée mais dont l’intégration sur le terrain est encore très insuffisante.

Mais les sportifs professionnels ou amateurs réguliers en souffrent souvent après un certain nombre d’années d’activité : arthrose de la hanche et/ou du genou chez les coureurs, arthrose des orteils, cheville et hanche chez les danseuses/danseurs, arthrose du coude chez les joueurs de tennis, des hanches et des genoux chez les footballeurs, rugbymen et chez ceux pratiquant un sport de combat…

Les sports non traumatisants ou pratiqués dans les bonnes conditions ont, au contraire, des effets positifs et sur la prévention et dans le traitement de l’arthrose : par exemple la natation, le cyclisme, l’aviron, le ski de fond, la marche et le jogging sur terrain meuble…

Il est évident que courir sur du macadam et encore plus avec des semelles n’absorbant pas suffisamment des chocs va retentir par des vibrations indésirables sur les articulations.

C’est aussi une question de quantité et d’intensité : selon les études, les coureurs les plus touchés par l’arthrose courent plus de 50 kilomètres par semaine et à plus de 15 km/heure. »

IMPRIMER